Le barème kilométrique permet de chiffrer les frais liés à l’usage d’un véhicule personnel pour un déplacement professionnel. Il sert au calcul remboursement versé par un employeur et à la déclaration fiscale lorsque le salarié choisit les frais réels. Les montants applicables reposent sur la puissance fiscale inscrite à la rubrique P.6 de la carte grise et sur la distance parcours effectuée dans l’année.
- Le barème kilométrique 2026 reprend les taux du barème 2025 pour les automobiles, les motos et les cyclomoteurs.
- Une voiture de 5 CV parcourant 8 000 km à titre professionnel ouvre droit à 4 251 euros selon la formule intermédiaire.
- Le forfait couvre notamment carburant, assurance, entretien, pneumatiques et dépréciation du véhicule.
- Les péages et stationnements peuvent s’ajouter au calcul sur présentation de justificatifs.
- Une voiture électrique bénéficie d’une majoration de 20 % sur le montant obtenu avec le barème général.
Barème kilométrique 2026 : comprendre ce que calcule réellement l’indemnité
Le barème kilométrique n’est pas un tarif de carburant ni une estimation limitée au plein d’essence. Il constitue une évaluation forfaitaire des dépenses supportées lorsqu’un salarié utilise son véhicule personnel pour une mission professionnelle, un rendez-vous extérieur, une visite de chantier ou un déplacement entre deux lieux de travail. La Direction générale des finances publiques publie ce cadre dans le Bulletin officiel des finances publiques, sous la référence BOI-BAREME-000001.
Le calcul tient compte de deux données. La première est la distance parcours à titre professionnel pendant l’année civile. La seconde est la puissance administrative du véhicule, exprimée en chevaux fiscaux, et non sa puissance commerciale en chevaux DIN. Un véhicule annoncé à 150 chevaux peut être classé à 7 ou 8 CV fiscaux selon son homologation, alors que la déclaration utilise uniquement la mention P.6 de la carte grise.
Pour les automobiles, le barème applicable en 2026 est annoncé comme identique à celui de 2025. La dernière hausse générale remonte à 2023, avec une revalorisation de 5,4 % destinée à tenir compte de l’augmentation du carburant et de l’entretien. Le conducteur ne choisit pas un taux au hasard : il applique la formule correspondant à sa tranche annuelle de kilomètres et à la catégorie fiscale de son véhicule.
| Puissance fiscale automobile | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
La lettre « d » désigne la distance professionnelle annuelle. Avec une voiture de 5 CV et 8 000 km réalisés dans l’année, le calcul coût trajet annuel relève de la tranche comprise entre 5 001 et 20 000 km. L’opération est la suivante : 8 000 × 0,357 + 1 395, soit 2 856 + 1 395. Le montant des frais kilométriques est donc de 4 251 euros.
Ce résultat représente un coût kilomètre moyen de 0,531 euro sur les 8 000 km concernés. Cette moyenne est supérieure au coefficient de 0,357 euro affiché dans la formule, car la somme fixe de 1 395 euros répartit des charges stables, telles que l’assurance ou la perte de valeur du véhicule. Le système paraît moins intuitif qu’un prix fixe par kilomètre, mais il reflète la part importante des dépenses qui existent même lorsque la voiture roule peu.
Le plafond de puissance est fixé à 7 CV. Une voiture de 9, 10 ou 12 CV fiscaux doit donc être calculée avec la dernière ligne du tableau. Cette limitation, prévue par l’administration fiscale, évite que l’usage d’un véhicule très puissant entraîne une indemnité disproportionnée par rapport au déplacement professionnel réalisé.

Calcul coût trajet : les dépenses comprises et celles à ajouter avec justificatif
Le montant issu du barème couvre plusieurs postes à la fois. Il comprend le carburant ou l’électricité consommée, l’entretien courant, les réparations, les pneumatiques, les primes d’assurance, le contrôle technique et la dépréciation du véhicule. Pour les deux-roues, il inclut également certains équipements de protection, notamment le casque. Cette méthode évite de reconstituer facture par facture le prix exact de chaque déplacement.
Un calcul remboursement fondé sur le barème n’autorise donc pas l’ajout d’une facture d’essence ou d’une révision déjà comprise dans le forfait. Faire figurer deux fois la même dépense reviendrait à gonfler le montant déclaré ou remboursé. Le salarié doit garder une logique cohérente entre son relevé des déplacements, le véhicule utilisé et les frais complémentaires demandés.
Les péages et le stationnement restent distincts des indemnités déplacement
Les frais de péage et de parking ne sont pas intégrés dans le taux kilométrique. Ils peuvent être remboursés par l’employeur ou ajoutés aux frais réels, à condition de disposer des justificatifs et de démontrer leur lien avec l’activité professionnelle. Un ticket de péage lié à une mission extérieure et une facture de stationnement près d’un lieu de rendez-vous peuvent donc s’ajouter au barème.
Les amendes, elles, restent à la charge du conducteur. Elles ne constituent ni des frais professionnels déductibles ni des indemnités déplacement remboursables dans le cadre normal du barème. Les dépenses de garage du domicile principal ne sont pas non plus ajoutables au seul motif que la voiture est utilisée pour travailler, puisqu’elles ne correspondent pas à une dépense supplémentaire causée par la mission.
Les intérêts d’un crédit automobile peuvent, sous certaines conditions, être retenus séparément au prorata de l’usage professionnel. Cette opération exige des pièces précises et une ventilation entre l’utilisation privée et professionnelle. Pour cette partie, le centre des finances publiques ou un professionnel du chiffre peut examiner le dossier réel, car le calcul dépend du contrat, de la période concernée et des justificatifs conservés.
La différence entre forfait kilométrique et coût réel doit rester claire. Le barème sert à une indemnisation fiscale normalisée ; il ne donne pas nécessairement le prix exact payé pour un trajet personnel ponctuel. Pour établir le coût réel d’un déplacement privé, il faudrait connaître le prix de l’énergie, l’usure du véhicule, le péage, le stationnement et les dépenses d’entretien propres au véhicule concerné.
Une comparaison avec un taxi ou un VTC doit donc être faite sur les conditions exactes de la course : distance, horaire, département pour le taxi, bagages et éventuelle réservation. Les règles qui séparent taxi et VTC expliquent pourquoi un tarif réglementé ne se lit pas comme une estimation d’indemnité fiscale. Le barème sert à rembourser l’usage d’un véhicule personnel, pas à fixer le prix d’un transport de personnes.
Le justificatif le plus utile reste un relevé daté des déplacements. Il doit mentionner la date, l’objet professionnel, le lieu de départ, la destination, le véhicule concerné et le kilométrage. Une note mensuelle reconstituée sans agenda, sans ordre de mission ou sans trace de rendez-vous devient difficile à défendre en cas de demande de l’employeur ou de contrôle fiscal.
Frais kilométriques et déclaration fiscale : choisir entre frais réels et abattement de 10 %
Les salariés disposent de deux méthodes pour déclarer leurs frais professionnels. La première est la déduction forfaitaire de 10 %, appliquée automatiquement sur les salaires déclarés. La seconde consiste à opter pour les frais réels et à déclarer le total des dépenses effectivement admises, dont les frais kilométriques calculés au barème officiel.
Pour l’imposition des revenus de 2025 déclarés en 2026, le plafond de la déduction forfaitaire de 10 % est de 14 426 euros, selon la documentation de la DGFiP relative à la déclaration des revenus. Le plafonnement ne concerne que les revenus élevés. Pour comparer les deux options, il faut partir du salaire net imposable figurant sur la déclaration préremplie, et non du salaire brut inscrit sur le contrat de travail.
Un revenu net imposable de 40 000 euros ouvre automatiquement droit à une déduction de 4 000 euros au titre des 10 %. Si les frais réels admis atteignent 4 251 euros uniquement grâce au kilométrage automobile, la seconde méthode peut être plus favorable. Le calcul doit toutefois inclure tous les frais admissibles, comme les repas professionnels, une double résidence justifiée, certains abonnements de transport ou les frais de documentation liés à l’emploi.
Les trajets domicile-travail obéissent à une limite de distance
Les trajets entre le domicile et le lieu habituel de travail peuvent entrer dans les frais réels. La règle générale limite la prise en compte à 40 km pour un aller simple, soit 80 km pour une journée aller-retour. La fraction au-delà de cette distance n’est admise que si le contribuable justifie une circonstance particulière, telle qu’une difficulté à trouver un emploi correspondant à sa qualification près du domicile ou une situation familiale établie.
Cette justification ne se déclare pas par une formule vague. Elle doit être conservée avec des éléments concrets, notamment les contraintes du bassin d’emploi, un rapprochement de conjoint ou une situation de santé documentée lorsque celle-ci motive l’éloignement. L’administration fiscale apprécie la situation au regard du dossier présenté, et aucun calculateur ne peut confirmer seul l’acceptation d’une distance supérieure.
« Les salariés peuvent opter pour la déduction du montant réel et justifié de leurs frais professionnels. » Cette règle relève de l’article 83, 3° du Code général des impôts et de ses commentaires dans le BOFiP.
Les indemnités versées par l’employeur doivent être traitées sans double avantage. Lorsqu’elles correspondent au barème officiel pour les mêmes kilomètres, elles sont exonérées d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans la limite admise. Elles ne peuvent pas être déduites une seconde fois dans la déclaration fiscale.
Si l’employeur rembourse moins que le plafond issu du barème, la différence peut être intégrée aux frais réels sous réserve des conditions fiscales. La situation doit être vérifiée à partir des bulletins de paie, des notes de frais et des relevés de déplacement. Une indemnité supérieure au barème est, pour sa fraction excédentaire, assimilée à une rémunération soumise aux cotisations sociales et à l’impôt.
Barème kilométrique pour véhicule électrique, moto et cyclomoteur
Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 % depuis 2021. La règle consiste d’abord à appliquer le tableau automobile correspondant à la puissance fiscale et à la distance annuelle. Le résultat est ensuite multiplié par 1,20. Il n’existe pas de tableau distinct pour les voitures électriques.
Une automobile électrique de 5 CV utilisée pour 8 000 km professionnels donne d’abord le montant de 4 251 euros obtenu avec le barème général. Après majoration, l’indemnité atteint 5 101,20 euros. La majoration concerne les véhicules exclusivement électriques ; elle ne s’applique pas, en principe, à un véhicule hybride non rechargeable ou hybride rechargeable qui utilise aussi un carburant fossile.
Les deux-roues suivent des seuils de kilométrage différents
Les motos et cyclomoteurs utilisent trois tranches, mais celles-ci s’arrêtent à 3 000 puis 6 000 km, au lieu de 5 000 et 20 000 km pour les voitures. La puissance fiscale reste la donnée déterminante pour les motocyclettes. Le cyclomoteur de 50 cm³ ou moins dispose d’un régime propre.
| Véhicule | Jusqu’à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| Moto 1 ou 2 CV | d × 0,395 | (d × 0,099) + 891 | d × 0,248 |
| Moto 3 à 5 CV | d × 0,468 | (d × 0,082) + 1 158 | d × 0,275 |
| Moto de plus de 5 CV | d × 0,606 | (d × 0,079) + 1 583 | d × 0,343 |
| Cyclomoteur de 50 cm³ ou moins | d × 0,315 | (d × 0,079) + 711 | d × 0,198 |
Un conducteur qui utilise plusieurs véhicules ne doit pas additionner tous les kilomètres avant de sélectionner une formule. Le BOFiP impose une application séparée du barème pour chaque véhicule. Une voiture utilisée sur une partie de l’année et une moto sur une autre partie donnent donc lieu à deux calculs distincts, chacun avec sa puissance fiscale et sa propre distance parcours.
Le choix du barème ne permet pas de transformer une utilisation personnelle en déplacement professionnel. La nature du trajet reste déterminante. Un déplacement pour une mission, un rendez-vous avec un client ou un site de travail secondaire peut être pris en compte selon les règles applicables. Un déplacement de loisir, une course personnelle ou un détour sans justification professionnelle n’a pas à figurer dans le relevé.
Le barème ne sert pas non plus à déterminer un tarif de covoiturage commercial. Dans le cadre du partage de frais, la somme demandée aux passagers doit rester une participation aux dépenses du trajet et ne doit pas produire un bénéfice pour le conducteur. Une activité régulière rémunérée de transport de personnes relève d’un autre cadre, avec des obligations professionnelles distinctes.
Calcul remboursement : documents à garder et contrôle des indemnités déplacement
Un montant juste commence par un relevé exact. L’employeur peut demander des éléments permettant de vérifier que les kilomètres correspondent à une mission effectuée avec un véhicule personnel. L’administration fiscale peut également demander des précisions lorsque les frais réels déclarés paraissent élevés au regard de la rémunération ou de la distance entre le domicile et le lieu de travail.
Les pièces n’ont pas toutes le même rôle. La carte grise démontre la puissance fiscale. L’agenda professionnel, les convocations, les courriels de rendez-vous ou les ordres de mission établissent le motif du déplacement. Les tickets de péage, factures de parking et justificatifs de repas servent uniquement pour les dépenses ajoutées séparément au forfait kilométrique.
- Relevez le kilométrage du véhicule au début et à la fin de la période concernée, sans mélanger les déplacements privés et professionnels.
- Inscrivez chaque trajet professionnel avec sa date, son objet, son point de départ, sa destination et le nombre de kilomètres retenu.
- Vérifiez la puissance fiscale à la rubrique P.6 du certificat d’immatriculation avant de choisir la ligne du barème.
- Appliquez la formule correspondant au kilométrage annuel total du véhicule utilisé, et non celle d’un seul déplacement isolé.
- Conservez à part les justificatifs de péage et de stationnement afin de ne pas les confondre avec les postes déjà inclus dans le forfait.
La demande adressée à l’employeur doit respecter les règles internes de l’entreprise. Certaines imposent une note de frais mensuelle, d’autres acceptent une saisie dans un outil dédié, avec validation par le responsable hiérarchique. Le barème fiscal fixe une limite d’exonération, mais il ne contraint pas nécessairement l’employeur à rembourser chaque déplacement selon le plafond maximal s’il existe une politique de frais conforme au contrat et aux règles applicables.
Pour les trajets occasionnels, le coût réel ne se confond pas avec une course de taxi. Le taxi applique un tarif réglementé par arrêté préfectoral, avec un prix qui varie notamment selon le département, l’heure, le type de tarif et les suppléments autorisés. Une course de taxi et son prix réglementé doivent être vérifiés dans l’arrêté préfectoral applicable, alors que le barème kilométrique relève d’une règle fiscale nationale.
Les travailleurs relevant du régime micro-entreprise ne déduisent pas directement leurs frais réels avec le barème kilométrique. Leur régime applique un abattement forfaitaire selon l’activité. Un entrepreneur individuel imposé au réel peut, en revanche, comparer le barème et les dépenses réellement supportées, sous réserve des règles comptables et fiscales applicables à son entreprise.
La conservation des preuves pendant le délai de contrôle fiscal reste prudente. Le délai de reprise de droit commun est généralement de trois ans, conformément à l’article L.169 du Livre des procédures fiscales. Les documents liés à la déclaration des revenus 2025 déposée en 2026 doivent donc être gardés au moins jusqu’à l’expiration du délai correspondant, avec une vigilance particulière en cas de demande de l’administration.
Où trouver la puissance fiscale nécessaire au barème kilométrique ?
La puissance fiscale figure sur le certificat d’immatriculation, à la rubrique P.6. Il faut utiliser cette valeur en CV fiscaux et non la puissance du moteur exprimée en chevaux DIN.
Les indemnités kilométriques couvrent-elles le péage et le parking ?
Non. Le barème couvre déjà le carburant, l’entretien, l’assurance, les pneus et la dépréciation du véhicule. Les péages et frais de stationnement peuvent être ajoutés séparément sur justificatifs lorsqu’ils sont liés à un déplacement professionnel.
Peut-on déduire les frais kilométriques si l’employeur les rembourse déjà ?
Non pour les mêmes kilomètres et le même montant. Les indemnités versées dans la limite du barème sont exonérées. Si l’employeur rembourse moins que le montant admis, la différence peut être examinée dans le cadre des frais réels.
Un véhicule de plus de 7 CV bénéficie-t-il d’un taux supérieur ?
Non. Pour les automobiles, le barème fiscal est plafonné à 7 CV. Un véhicule de 8 CV, 10 CV ou 12 CV applique la même ligne que la catégorie 7 CV et plus.