La Citroën SM associe une carrosserie de grand tourisme française, un moteur Maserati C114 de 2 670 cm³ et les solutions hydrauliques développées par Citroën. Produite de 1970 à 1975, elle a été fabriquée à environ 12 920 exemplaires selon les données historiques généralement reprises par les clubs de marque et les archives Citroën.
- Le V6 Maserati développe 170 ch DIN à 5 500 tr/min et entraîne les roues avant par une boîte manuelle à cinq rapports.
- La suspension hydropneumatique et la direction DIRAVI expliquent une grande part du caractère routier de ce coupé fastback.
- Une SM saine se juge d’abord sur la corrosion, les factures du moteur, l’état du circuit hydraulique et le fonctionnement de la direction.
- Les annonces françaises observées en 2026 placent les exemplaires roulants entre 19 990 € et 85 000 €, l’état réel et l’historique faisant varier fortement la cote de collection.
Citroën SM : une histoire automobile entre Citroën et Maserati
La Citroën SM arrive en mars 1970 dans un paysage automobile où les grandes routières françaises restent surtout associées au confort. Citroën choisit une autre voie. La marque reprend les principes de suspension hydropneumatique déjà employés sur la DS, les associe à une carrosserie basse et effilée, puis installe sous le capot un V6 fourni par Maserati, entreprise entrée dans le groupe Citroën en 1968.
Le résultat ne correspond ni à une berline classique ni à un coupé sportif italien traditionnel. La voiture mesure 4,893 mètres de long, 1,845 mètre de large et seulement 1,320 mètre de haut. Son empattement de 2,950 mètres favorise l’espace à bord et la stabilité à vitesse soutenue. Cette silhouette longue, avec son arrière fastback et ses six projecteurs protégés derrière une glace, résume un certain design automobile des années 1970 : une recherche aérodynamique visible, sans renoncer à l’identité de la marque.
La technique automobile de la SM repose sur un assemblage peu courant. Citroën apporte la traction avant, le freinage assisté hydraulique, la suspension à hauteur constante et la direction DIRAVI. Maserati fournit une mécanique conçue pour produire de la puissance à haut régime. Une telle combinaison exigeait un entretien organisé et des intervenants connaissant les deux cultures mécaniques. Ce n’est pas une voiture que l’on peut évaluer seulement à son aspect extérieur ou à la qualité de sa peinture.
Le contexte économique a pesé lourd. La crise pétrolière de 1973 rend les automobiles à forte consommation plus difficiles à vendre. La SM affiche une consommation mixte d’environ 15 litres aux 100 km dans les données d’époque et les relevés de propriétaires, avec un réservoir de 90 litres. Elle peut donc couvrir une distance importante, mais le budget carburant reste élevé, surtout face aux modèles plus sobres apparus après 1974.
La production cesse en 1975. Cette carrière courte explique une part de l’intérêt actuel pour cette voiture de collection. Toutefois, la rareté ne suffit pas à établir un prix. Une carrosserie restaurée sans dossier mécanique cohérent vaut moins qu’un exemplaire moins brillant mais documenté, conservant sa configuration et ses éléments spécifiques. Les archives de factures, les numéros concordants et la présence des équipements d’origine comptent dans une transaction.
Les amateurs de Citroën retrouvent sur ce modèle le principe hydraulique qui a ensuite marqué d’autres automobiles de la marque. Le fonctionnement de ce système peut être rapproché de celui présenté dans cet article sur la suspension hydropneumatique de la Citroën CX, même si les réglages, les organes et les contraintes d’entretien ne sont pas identiques entre les deux voitures.
La SM est donc un objet d’histoire automobile autant qu’un véhicule à suivre au quotidien. Son intérêt tient à la cohérence de son projet initial : transporter rapidement sur longue distance dans un confort que peu de coupés concurrents proposaient alors.
Moteur Maserati C114 : caractéristiques et performance moteur de la Citroën SM
Le moteur Maserati constitue le point mécanique le plus commenté sur la Citroën SM. Il s’agit d’un V6 atmosphérique ouvert à 90 degrés, installé longitudinalement à l’avant. Le code C114 désigne la version de 2 670 cm³ montée sur les SM européennes équipées de carburateurs. Sa conception fait appel à deux arbres à cames en tête par rangée de cylindres, soit quatre arbres à cames au total, et à deux soupapes par cylindre.
L’alimentation repose sur trois carburateurs Weber à double corps. Chaque réglage doit être réalisé avec méthode, car un déséquilibre entre les carburateurs se traduit par des démarrages difficiles, des à-coups ou une consommation excessive. Ces symptômes ne désignent pas automatiquement un moteur usé. Ils imposent d’abord de contrôler l’allumage, les prises d’air, l’état de l’essence et la synchronisation de l’alimentation. Les causes générales d’un mauvais départ sont détaillées dans ce guide consacré au démarrage difficile d’une automobile, mais la SM appelle un diagnostic effectué par un atelier qui connaît ce V6.
| Élément technique | Donnée Citroën SM 2.7 | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Architecture | V6 à 90°, moteur avant longitudinal | Accès mécanique plus dense qu’une berline ordinaire |
| Cylindrée | 2 670 cm³ | Puissance disponible à régime élevé |
| Alimentation | 3 carburateurs Weber double corps | Réglage et synchronisation à vérifier |
| Puissance | 170 ch DIN à 5 500 tr/min | 0 à 100 km/h annoncé en 8,5 secondes |
| Couple | 235 Nm à 4 000 tr/min | Conduite souple possible, sans dispenser d’un bon entretien |
| Vitesse maximale | 220 km/h | Niveau de GT rapide pour le début des années 1970 |
La puissance maximale de 170 ch DIN à 5 500 tr/min et le couple maximal de 235 Nm à 4 000 tr/min situent clairement la SM dans la catégorie des grandes routières rapides de son époque. Avec un poids à vide de 1 420 kg, elle atteint 100 km/h en 8,5 secondes selon les chiffres constructeur couramment publiés. La vitesse maximale annoncée atteint 220 km/h. Ces données doivent être lues dans leur contexte : une automobile de plus de cinquante ans ne doit pas être achetée pour répéter des performances théoriques, mais pour rouler dans le respect de son état, de ses pneus et de son système de freinage.
La réputation du moteur Maserati s’explique moins par une faiblesse unique que par l’accumulation de négligences possibles. Une distribution mal suivie, un niveau d’huile négligé ou une immobilisation prolongée peuvent transformer une mécanique saine en chantier coûteux. Les contrôles de compression, l’examen des fuites, l’écoute des bruits de chaîne et la lecture des factures sont plus utiles qu’une simple promesse du vendeur.
Le V6 C114 demande aussi une huile adaptée, un circuit de refroidissement propre et un réglage périodique des soupapes. Les intervalles précis dépendent de la documentation technique retenue, de l’usage et des travaux déjà réalisés. Un professionnel spécialisé doit donc fixer le programme réel après examen, sans reprendre aveuglément un kilométrage annoncé dans une publicité.
La performance moteur de la SM ne se réduit pas à sa puissance. Elle tient aussi au contraste entre le bruit du V6 à régime soutenu et le maintien de caisse procuré par l’hydraulique. Cette alliance reste singulière dans la production automobile française.
Technique automobile de la Citroën SM : hydropneumatique, DIRAVI et traction avant
La mécanique de la Citroën SM ne peut pas être comprise en isolant son moteur. Le châssis monocoque en acier reçoit une suspension hydropneumatique à quatre roues indépendantes. Ce dispositif utilise un fluide hydraulique spécifique, le LHM minéral, et des sphères contenant de l’azote séparé du fluide par une membrane. La pression permet de maintenir l’assiette et d’absorber les irrégularités de la chaussée.
Un examen avant achat doit commencer par la mise en pression. La voiture doit monter à sa hauteur normale sans délai anormal, se maintenir sans s’affaisser rapidement et ne pas présenter de fuites importantes sous le moteur ou vers les correcteurs de hauteur. Un suintement ancien ne se traite pas comme une fuite active. Les deux cas doivent cependant être inscrits sur un devis, car la disponibilité des pièces et le temps de main-d’œuvre font varier la dépense.
Le système hydraulique intervient également dans le freinage et la direction. À l’avant, la SM reçoit des disques ventilés ; l’arrière utilise des disques. L’assistance ne donne pas le même ressenti qu’une pédale moderne. Il faut donc vérifier, lors d’un essai encadré, la montée en pression, la progressivité du freinage et l’absence de voyant hydraulique persistant. Une voiture qui freine droit mais présente une alerte au tableau de bord ne doit pas être considérée comme prête à circuler.
La direction DIRAVI est l’autre particularité majeure. Son assistance varie avec la vitesse et son volant revient vers le point milieu. À très faible allure, elle peut surprendre un conducteur habitué à une direction assistée conventionnelle. Sur route, elle procure une stabilité recherchée par Citroën pour une automobile pouvant atteindre 220 km/h. Une résistance irrégulière, un rappel incohérent ou des bruits hydrauliques demandent une vérification de la pompe, des canalisations et de la crémaillère.
La traction avant fait aussi partie de l’identité de la SM. Elle libère de l’espace dans l’habitacle et contribue à la stabilité directionnelle. En contrepartie, elle associe sur le train avant motricité, direction et une part importante du freinage. Les pneus, les rotules, les transmissions et la géométrie doivent donc être contrôlés avec soin. Une usure irrégulière des pneumatiques peut révéler un simple défaut de parallélisme, mais aussi une intervention incomplète après un choc.
Les versions à carburateurs ne sont pas les seules. À partir de 1972, certaines SM reçoivent l’injection électronique Bosch D-Jetronic, surtout recherchée pour sa rareté et son agrément. Une version de 3,0 litres existe également en fin de carrière sur certains marchés. Il ne faut pas confondre ces automobiles avec une SM 2,7 litres modifiée après coup. La conformité du moteur, de la carte grise et des numéros doit être vérifiée avant toute négociation.
Cette ingénierie automobile impose un ordre dans les contrôles. Il faut d’abord examiner la structure, puis l’hydraulique, ensuite le moteur et enfin les équipements. Une carrosserie séduisante ne compense jamais un circuit sous pression défaillant ou un V6 sans historique crédible.
Citroën SM et voiture de collection : vérifier l’état avant un achat
L’achat d’une Citroën SM ne se prépare pas comme celui d’une automobile récente. La première vérification concerne la corrosion. Les bas de caisse, les planchers, les passages de roues, les longerons et la zone du berceau moteur demandent un contrôle sur pont. Un traitement superficiel appliqué sur une tôle fragilisée ne constitue pas une restauration. Il faut rechercher les photographies des travaux, les factures de tôlerie et les indications sur le remplacement éventuel de panneaux.
La deuxième vérification porte sur l’identité du véhicule. Le numéro de série doit correspondre au titre de circulation et à la plaque constructeur. En France, une automobile de plus de 30 ans qui n’est plus produite peut, sous conditions, être immatriculée avec une carte grise de collection. La règle résulte de l’article R311-1 du Code de la route, qui définit le véhicule de collection. Cette démarche ne répare pas une identité douteuse et ne remplace pas les justificatifs de propriété.
Pour une demande de certificat d’immatriculation, le téléservice public gratuit reste immatriculation.ants.gouv.fr. Les prestataires privés peuvent facturer la saisie d’un dossier, mais ils ne raccourcissent pas le délai d’instruction de l’administration. La taxe régionale ne s’applique pas de la même manière selon le type d’immatriculation, la puissance fiscale et les exonérations prévues localement. Le montant doit être calculé au jour de la demande à partir du simulateur officiel, sans reprendre un tarif ancien.
Le Code de la route définit comme véhicule de collection celui dont la première mise en circulation date d’au moins trente ans, dont le type n’est plus produit et qui est préservé sur le plan historique, selon l’article R311-1.
Le contrôle technique suit également un calendrier propre aux véhicules de collection. Pour les véhicules légers immatriculés en collection mis en circulation à compter du 1er janvier 1960, la périodicité est de cinq ans. Cette règle est indiquée par le ministère de l’Intérieur et les centres de contrôle technique. Une SM de 1970 à 1975 entre donc dans ce cadre lorsqu’elle dispose effectivement d’un certificat d’immatriculation de collection.
Avant de verser un acompte, il faut réunir les documents et observations dans l’ordre suivant :
- Vérifiez le numéro de série, la concordance avec le certificat d’immatriculation et l’absence d’anomalie sur les plaques.
- Examinez le soubassement sur pont, en recherchant les réparations structurelles et la corrosion perforante.
- Demandez les factures du moteur Maserati, de la distribution, du refroidissement et du réglage des carburateurs ou de l’injection.
- Contrôlez la montée de suspension, les fuites de LHM, le freinage et le fonctionnement de la direction DIRAVI.
- Essayez la voiture après une montée complète en température, sans accepter un essai limité à quelques minutes.
- Faites établir un avis écrit par un spécialiste indépendant avant le paiement final si le dossier est incomplet.
Les coûts de remise en état publiés dans les annonces doivent être traités avec prudence. Une réfection moteur annoncée entre 1 500 € et 3 000 € ne couvre pas nécessairement une reconstruction complète avec pièces, usinage, carburateurs et main-d’œuvre spécialisée. Une restauration intégrale peut dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros selon la structure et l’état des éléments spécifiques.
Une SM bien documentée vaut davantage qu’une automobile présentée comme restaurée sans pièces justificatives. Pour ce modèle, l’historique est une composante matérielle de la valeur, au même titre que la carrosserie ou le moteur.
Cote de collection Citroën SM en 2026 : prix, versions et critères de valeur
La cote de collection de la Citroën SM dépend d’abord de l’état et de la version. Les montants vus dans les annonces ne sont pas des prix de vente garantis. Ils reflètent une demande affichée par les vendeurs, parfois après plusieurs mois de publication. Pour 2026, les annonces françaises et européennes observables placent les modèles nécessitant une remise en état sérieuse autour de 19 990 €, tandis que des exemplaires restaurés, documentés et conformes peuvent dépasser 85 000 €.
Une moyenne proche de 49 000 € est parfois avancée pour le marché de collection en 2026. Elle doit être utilisée avec précaution. Une moyenne mélange des véhicules à remettre en route, des restaurations anciennes, des versions à injection et des automobiles déjà prêtes à participer à des événements. Elle ne vous dit pas ce que vaut une SM particulière. Seule une comparaison avec des automobiles de même version, même état de structure et historique équivalent permet de négocier utilement.
| Configuration | Fourchette d’annonce observée en 2026 | Variable déterminante |
|---|---|---|
| SM 2.7 carburateurs à restaurer | 19 990 € à 30 000 € | Corrosion, moteur immobilisé, pièces présentes |
| SM 2.7 roulante avec dossier incomplet | 30 000 € à 45 000 € | Qualité des travaux déjà réalisés |
| SM 2.7 restaurée et documentée | 45 000 € à 65 000 € | Conformité, finition, factures et essais |
| SM injection ou version rare en excellent état | 60 000 € à 85 000 € et plus | Rareté, origine, traçabilité et marché international |
La version à injection Bosch D-Jetronic est souvent mieux valorisée que la version à carburateurs, à condition que son système soit complet et correctement réglé. Une injection incomplète ou remplacée par un montage non conforme peut au contraire diminuer l’intérêt du véhicule. Les dernières SM à moteur 3,0 litres sont rares. Leur prix dépend largement de leur origine géographique et de la qualité de leur dossier, davantage que d’un barème unique.
Le marché des classic car valorise les automobiles identifiables, suivies et utilisables. Les transformations irréversibles, les teintes éloignées de la configuration d’origine ou les adaptations mécaniques non documentées compliquent l’évaluation. Certains acheteurs recherchent une voiture améliorée pour rouler régulièrement. D’autres privilégient la stricte conformité. Ces deux publics ne fixent pas le même prix.
Les frais annexes doivent entrer dans le budget dès le départ. Une assurance collection, un transport éventuel, des pneumatiques adaptés, la révision des fluides et une inspection spécialisée s’ajoutent au prix affiché. Le contrôle technique quinquennal d’un véhicule en carte grise de collection ne dispense pas d’un contrôle complet avant de prendre la route. Il atteste d’un cadre réglementaire, pas de l’absence de dépenses à venir.
La Citroën SM ne se choisit donc pas pour une promesse abstraite de plus-value. Elle se choisit pour un ensemble précis : une carrosserie saine, un moteur Maserati suivi, une hydraulique fonctionnelle, une identité claire et un dossier de factures. Sur ce marché, l’économie réalisée sur un exemplaire négligé disparaît vite lors des premiers travaux.
Quelle est la puissance du moteur Maserati de la Citroën SM ?
La Citroën SM 2.7 à carburateurs reçoit un V6 Maserati C114 de 2 670 cm³ développant 170 ch DIN à 5 500 tr/min et 235 Nm à 4 000 tr/min.
La Citroën SM peut-elle obtenir une carte grise de collection ?
Une SM de 1970 à 1975 remplit la condition d’âge de plus de 30 ans. La demande suppose aussi que le type ne soit plus produit et que le véhicule soit préservé dans son état historique, selon l’article R311-1 du Code de la route.
Quel est le principal point de vigilance avant d’acheter une Citroën SM ?
La corrosion structurelle doit être examinée avant toute autre dépense. Il faut ensuite contrôler l’hydraulique, la direction DIRAVI et les factures portant sur le moteur, la distribution et l’alimentation.
Combien vaut une Citroën SM en 2026 ?
Les annonces observées en 2026 s’échelonnent approximativement de 19 990 € pour un projet à restaurer à plus de 85 000 € pour une automobile rare, restaurée et documentée. Le prix final dépend de l’état réel et non de la seule version.